5 conseils pour devenir graphiste

Je vous l'accorde, ce titre est très vague : graphiste certes, mais dans quelle spécialité ? le webdesign, le print, le multimedia, l'illustration, l'animation...? Des conseils certes, mais pour une finalité personnelle ou professionnelle ?

 

A vrai dire je laisse volontairement ce flou d'interprétation. Car ceux-ci sont valables quelque soit la situation que vous choisissez. Mais la chance du métier de graphiste, c'est qu'il n'y a pas besoin d'un cursus scolaire précis. Ni d'avoir suivi les formations les plus prestigieuses. A vrai dire, n'importe qui de motivé, peut le devenir.

 

Je pense que c'est une information trop peu transmise ! Car on garde encore en tête la suprématie de l'apprentissage scolaire. On pense encore trop souvent que le diplôme est la clé de la réussite dans un domaine. Et bien, sachez que pour la plupart des métiers artistiques que je vous ai cités précédemment, ce qu'on observera et retiendra avant toute chose, c'est...Vos connaissances techniques, bien sûr. Votre créativité, cela va de soi. Mais a-t-on besoin d'une école pour apprendre cela ?
Définitivement, non.

 

Je détaille mon point de vue à ce propos, dans mon article sur mon parcours professionnel :

➡ mes expériences en entreprise en tant que graphiste

 

Alors ok, c'est une bonne nouvelle, pour qui a le sentiment de s'être planté dans son parcours et sent la créativité graphique hurler au fin-fond de lui-même. C'est bon de savoir que l'on a ses chances ! Encore faut-il pouvoir/savoir se former, et prendre conscience de ce qui vous définira en tant que graphiste. Tobycooke GIFs - Find & Share on GIPHY

 

Pour commencer, une recommandation évidente mais pourtant trop prise à la légère,

 

1. Se renseigner sur les exigences et spécificités du domaine graphique que vous visez.

 
Conseil à prendre en compte surtout en parallèle du développement de votre book (on y viendra après) ! En effet, tous les domaines graphiques ne sont pas à aborder de la même manière.

 

Dans le jeu vidéo par exemple, il est fortement déconseillé d'avoir un book présentant "un peu de tout". Si vous visez un poste d'animateur 3D, il faut que votre reel (= book animé d'environ une minute présentant vos meilleures animations) ne montre QUE de l'animation. Qu'il ne soit surtout pas encombré par autre chose ! En revanche, pour un poste d'infographiste PAO, il est plutôt bien vu de montrer que l'on a plusieurs compétences parallèles, une connaissance du web, du montage-vidéo... Pour les métiers de l'illustration, je crois observer qu'il est préférable d'assumer un unique style graphique très abouti. On éviterait plusieurs créations trop variées qui donneraient une impression de fouillis.

 

Bref, c'est une erreur que commettent beaucoup de débutants, en recherche de tout type de postes dans le graphisme. Ils tentent bien souvent de prouver qu'ils ont plusieurs cordes à leur arc. Alors que dans bien des domaines, on va rechercher au contraire un profil ultra spécialisé...A vous de vous renseigner, pour pouvoir ainsi orienter votre book et manière de se présenter comme il se doit 🙂 .

 

2. Être naturellement curieux

 

Aussi bien pour développer sa créativité que ses capacités techniques, il est important de vouloir apprendre et découvrir. Dans le milieu graphique, les autodidactes sont bien mieux perçus que les diplômés, je peux vous l'affirmer. Je ne suis pas en train d'insinuer que les individus sortant d'écoles ne valent rien ! Ils possèdent à présent un chouette petit papier à mentionner sur le CV...Qui pourra peut-être éventuellement augmenter un petit peu leur paie à leurs débuts, lorsqu'ils trouveront du travail. Les écoles vont vous apprendre le minimum technique, du théorique, très certainement vous formater aussi, ayez-en conscience. Mais elles vous apprendront plus rarement à exploiter votre potentiel pour développer vos compétences.

 

Par "naturellement curieux", je veux donc dire aller au-delà de la surface ! Tenter de décortiquer, voir le fond des choses, pour comprendre comment c'est fait. Ne surtout pas limiter à ce qu'on vous a appris, aller plus loin. Vous adorez cet illustrateur : pourquoi ? Quelle fibre émotive déclenche-t-il chez vous ? Quels outils utilise-t-il selon vous pour travailler ? Et si vous essayiez de refaire pareil ? Prenez à présent votre jeu vidéo préféré, imaginons qu'il s'agit de "Alien War". Tiens, un petit bug de texture, par quoi aurait-il été provoqué ? Comment crée-t-on la texture dans les jeux vidéos ? Quels seraient les logiciels les plus appropriés pour ce faire ? Et si vous essayiez vous-même d'appliquer des textures sur des modélisations pré-faites, juste pour tester ?...

 

Je pousse peut-être un peu loin la curiosité. L'important, c'est déjà de se poser des questions sur ce qui nous entoure et ce que l'on apprécie. Comprendre les rouages (ou du moins tenter de comprendre), c'est ouvrir son esprit à de nouvelles connaissances et visions des choses. Et si l'on est assez curieux pour aller jusqu'à l'expérimentation, c'est encore mieux 🙂 .

 
Giphy Arts GIFs - Find & Share on GIPHY

 

3. Se lancer dans des projets et défis créatifs

 

Cela va de paire avec la curiosité, mais c'est aussi une manière de prendre ça dans l'autre sens. Exemple : vous voulez réaliser un jeu vidéo digne d'Alien War (projet ambitieux, mais allez, soyons fou). Comment réalise-t-on un jeu vidéo ? Quels sont les enjeux techniques, les logiciels, les étapes de réalisation, le processus ? N'ayez pas peur de vous lancer, en tant que simple testeur. Et cela peut se faire avec de petits moyens ! Pléthore de tutoriels et communautés (dans des forums, sites spécialisés ou groupes Facebook) sont là pour vous aider. Au pire des cas, ça sera complètement raté, il n'y aura de toute façon que vous pour le constater. Au meilleur des cas, ça sera génial, vous pourrez vous en vanter et vous serez fier de vous. Dans tous les cas, cela restera extrêmement formateur. Et vos seuls ennemis pourraient être votre manque de motivation ou votre peur d'échouer 😉 .

 

Il est important de se fixer des challenges et défis personnels. Car si l'on doit attendre d'accomplir des missions via un travail donné par un employeur, on n'est pas sorti de l'auberge. Les recruteurs attendent justement de voir vos réalisations pour pouvoir jauger votre potentiel !

 

Pourquoi pas proposer simplement à des amis de leur réaliser des petites créations (faire-parts imprimés ou animés, carte de visite, site web, mini-jeu multijoueurs...) ? Cela simulera davantage un rapport commande/prestation, qui donnera plus de sérieux à votre démarche. Attention cependant de ne pas tomber dans le "gratuisme" (= travailler gratuitement sous prétexte de la passion), cela dévalue vraiment le métier jusqu'à le tuer ! J'aurais tendance à vous suggérer de limiter ces productions éventuellement gratuites ou à prix cassés à un cercle très privé, afin de ne pas vous créer une image de travailleur bénévole et de ne pas non plus vous faire exploiter.

Voir mon article sur le graphisme et la gratuité

 

4. Développer sa créativité

 

Et comment procède-t-on, s'il vous plaît ? J'ai fait une vidéo à ce sujet, dont je résumerai les étapes par :

 

- copier les œuvres qu'on aime (pour s'entraîner),
- ne jamais hésiter à produire ni jeter des éléments de créations,
- oser se tromper,
- être fier de son travail,
- et étudier ce qui marche chez les autres.

 

Si c'est trop abstrait, la vidéo complète est ici :

5 astuces surprenantes pour trouver son style graphique et développer sa créativité

 

N'hésitez pas également à rebondir sur ce que vous aimez et ce qui vous fait vibrer dans la vie ! C'est ce qui constitue votre source d'inspiration personnelle. Vous être fumeur, adorez le basket et les religieuses en chocolat...Et souhaitez vous mettre à l'illustration ? Et si vous essayiez de dessiner un basketteur en forme de religieuse en chocolat enveloppé d'un nuage de fumée ? Ou encore une religieuse qui fait du basket avec un ballon en chocolat, tout en fumant sa clope ? Pourquoi ne pas mélanger ces concepts pour créer une base de scénario pour une petite BD ?...Essayez donc, ça ne coûte rien ! Et qui sait, si vous n'êtes pas fan des premières productions, peut-être que cela vous ouvrira à plein d'autres idées créatives...Quoiqu'il en soit, il ne faut jamais se fermer de portes !

  

5. Se constituer un book

 

Faire des productions pour soi, au début c'est bien, le temps d'expérimenter et s'entraîner. Après, il sera temps de se constituer un book. C'est-à-dire regrouper vos meilleures réalisations, présentées de la meilleure manière qui soit.

 

A l'heure actuelle, les graphistes présentent une majeure partie de leurs travaux sur des sites web personnels. Ou encore des plateformes spécialisées pour les créatifs (Deviant Art, Behance, Instagram...Même si se constituer un site personnel est une démarche plus professionnelle).

 

Préférez montrer peu de choses, mais que ce soit vraiment qualitatif. Plutôt qu'énormément de productions dans lesquelles on se perdrait.

 

L'intérêt de mettre tout ça en ligne, est que vous pourrez avoir des retours sur vos productions. Également des conseils sur la manière de les présenter. N'hésitez pas à prendre en compte ces retours et savoir vous remettre en question. Autant donc commencer par perfectionner son book, dans sa mise en page, j'entends. Lorsque vos créations sont finies, elles sont finies ! Et si elles ne sont pas assez bien, cela veut donc dire qu'elles n'ont pas à être intégrées au portfolio. Confronter la mise en page de son book à des critiques, c'est un premier échauffement !

 

Car il faut savoir que le travail d'un graphiste, ce n'est jamais du one shot. Lorsque vous produirez pour des clients, on vous demandera quasi-systématiquement de retravailler votre production, faire des modifications. Il ne faut surtout pas le prendre à cœur. Ce métier consiste avant tout à être un prestataire qui répond à des besoins en communication ou marketing ! Cela n'a donc évidemment rien à voir avec vos compétences.

 

Pour en revenir au book, il faudra savoir aussi dire "stop" aux modifications, lorsque vous estimez que le portfolio est suffisamment représentatif de votre potentiel et du talent créatif que vous souhaitez dégager. Il y aura toujours des gens pour critiquer, et d'autres pour dire que c'est génial...A vous de savoir trouver le juste milieu pour estimer que votre book vous représente correctement.

 

De même, apprenez à parler de votre travail, à savoir développer le processus de création. Pourquoi pas en explicitant cela en quelques lignes à côté de vos images. Certains graphistes choisissent de présenter seulement des visuels très qualitatifs et d'en dire textuellement le moins possible, pour pouvoir développer cela à l'oral lors des entretiens. Il n'est quand même pas mal d'indiquer au moins dans les grandes lignes du projet. A vous de voir 😉 .

 

 

Bien, vous voilà quasiment prêt pour affronter le monde du travail ! Et ces conseils sont à appliquer en permanence, ne les oubliez pas une fois que vous en aurez trouvé un ! (à moins qu'il s'agisse d'un CDI dans une boîte dans laquelle vous vous sentez suffisamment à l'aise avec vos missions et votre sécurité de l'emploi pour ne pas estimer avoir besoin d'évoluer créativement. Ce que je ne vous souhaite pas vraiment, ce n'est pas très challengeant...).

 

Expérimentez, proposez des idées et améliorez-vous aussi bien culturellement que techniquement, en permanence.

Après tout vous êtes un créatif, vous n'avez peur de rien 🙂 !

Geo Law GIFs - Find & Share on GIPHY

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *