Gérer les critiques négatives

Comment s’enrichir des jugements négatifs ?

gérer les critiques négatives - bannière

 

Graphistes, artistes, créateurs de contenu ou esprits inventifs, vous avez forcément déjà eu affaire à des jugements peu élogieux de votre travail ! Ce qui peut être parfois dur à gérer selon la virulence des commentaires. L’impact émotionnel peut être désagréable à vivre, car hélas, les gens ne savent pas toujours mettre les formes. Et parfois pire, ils ne le souhaitent même pas (dans quel monde de rustres vivons-nous !).

 

 

C’est alors qu’on cogite fort :

faut-il se défendre, ou se remettre en question ?

Être touché par les remarques signifie-t-il qu’il faut forcément en tenir compte ?

GIF - incomprehension


 

Le sujet mérite d’être traité, selon moi, en considérant ces 5 faits :

 

1. Personne n’a le goût universel et absolu.

2. S’affirmer ou faire ce qui plaît au public ? Il faut choisir à juste mesure !

3. On ne peut pas se remettre en question en permanence et en continu.

4. Tout avis n’est pas constructif. Comment faire le tri entre commentaire utile ou pas ?

5. Comment gérer tout ça émotivement ?

 

 

 

1. Personne n’a le goût universel et absolu.

 

Présentez la photo d’une personne à plusieurs individus séparés. Il est certain que vous n’aurez pas les mêmes retours : « elle est jolie », elle est laide », « elle a l’air sympa », « je n’aime pas son style vestimentaire »…

Ces goûts, aussi sincères soient-ils, sont toujours influencés par beaucoup de paramètres :

approbation, influence et pression sociale, culture, vécu personnel…

 Les individus interrogés évoluent chacun dans un milieu, une communauté, un pays.

Même si la tendance actuelle est d’uniformiser les visuels et les critères esthétiques à l’échelle mondiale, il y aura toujours de petits facteurs personnels qui font que pour un même élément jugé, on aura toujours des retours différents : « j’aime », « je n’aime pas », « je suis mitigé »…

Bref, tout ceci pour dire qu’un « c’est nul » déclaré haut et fort à propos de votre production,

n’est pas un « c’est nul » clamé par tous les êtres humains à l’unanimité !

 

Prenez donc du recul, un avis unique n’est pas représentatif.

Et d’ailleurs il n’y pas de résultat absolu et unique pour décréter qu’une chose est belle, bien faite, bien réalisée…

 

 

 

 

2. S’affirmer ou faire ce qui plaît au public ?

 

J’ai le sentiment qu’il existe

des gens qui souhaitent avant tout s’exprimer, faisant fi des critiques.

Leur but premier est d’affirmer leur personnalité et transmettre leur message, et si certains n’accrochent pas, grand bien leur fasse.

 

D’autres en revanche,

veulent avant tout plaire, et ces individus sont les plus sensibles à la critique.

 

A mon sens, il faut trouver un juste milieu :

être trop hermétique aux critiques alors qu’elles sont fréquentes, avec les mêmes remarques répétées, témoigne d’un problème. Chacun est évidemment libre de créer ce qu’il veut, mais si les gens n’accrochent pas, cela signifie sans doute que les productions ne nécessitent peut-être pas d’être présentées au public ! A réfléchir donc, si nos créations doivent rester publiques ou passer privées. Quoiqu’il en soit, le déni n’arrangera rien 😉 .

Être trop à l’écoute des jugements négatifs, c’est risquer de ne pas accorder assez d’intérêt pour le public qui nous apprécie. Ce qui est dommage car c’est pourtant tout l’intérêt de la production de contenu ! Il faut être objectif : sur 10 commentaires, combien me félicitent, combien me déprécient ? Si seulement 1 personne sur 10 n’aime pas, faut-il vraiment prendre à cœur ce qu’elle seule dit, a-t-elle la science infuse, la vérité absolue ? Non, comme nous l’avons vu précédemment ! Je sais bien qu’un unique commentaire rabaissant a bien plus d’impact dans notre petit cœur, et que même les 9 autres gentils n’arriveront alors pas à suffisamment nous remonter le moral.

Or, il suffit parfois d’attendre un peu, penser à autre chose, se distraire pour constater que la critique
n’est pas si pertinente que ça
.

 

En revanche,

si plusieurs personnes font le même type de retours sur un même point, c’est là qu’il y a un point à creuser.

 

 

 

 

3. On ne peut pas se remettre en question en permanence et en continu.

 

Toujours dans le principe de l’affirmation de soi, je pense qu’il faut accorder

des périodes pour travailler ses créations la tête dans le guidon, et en réserver d’autres pour ouvrir aux critiques.

 

Un contenu sans cesse remis en question et modifié n’est pas agréable pour l’audimat, qui ne trouve pas de cohérence dans les productions. Si l’on suit quelqu’un, c’est pour le style du créateur, sa « patte ». Il faut donc bien proposer au public quelque chose d’un temps soit peu stable et abouti, pour qu’il comprenne nos intentions !


J’ai pu constater aussi, qu’un créateur de contenu est plus apte à se remettre en question aux moments où il appelle sa communauté à faire des retours. Par exemple, au lancement d’un projet, d’un nouveau format, via des sondages, etc…

A ceux qui donnent leur avis à tout bout de champ sous prétexte de conseils, j’espère que vous comprendrez ainsi que votre avis, aussi pertinent puisse-t-il être, a peu de chances d’être considéré, si il est mal amené. Et si vous sortez le bon vieil argument « oui mais j’ai le droit de m’exprimer, je donne mon avis si je veux »…bon, c’est une réaction égocentrée, pas bien intéressante pour le récepteur donc. Oui, donnez votre avis à l’oral à la personne à côté de vous si elle vous écoute, mais quel est l’intérêt concret de l’écrire ? Je ne dis pas qu’il faut toujours caresser le créateur dans le sens du poil, mais comprenez simplement que

la critique ne sera pas prise en compte si le créateur n’est pas
dans un état d’esprit de changement, de renouvellement.

 

Tout dépend aussi de la légitimité que vous avez auprès de lui, c’est ce que nous allons voir tout de suite :

 

 

 

4. Tout avis n’est pas constructif.


Si vous êtes un inconnu total qui passe par là, parcourt du regard une ou deux réalisations sur la page web du créateur et se permet un commentaire du type « tu devrais faire ci, ça serait mieux comme ça… » hem, d’accord, et en quel honneur ?


C’est une question que je me suis beaucoup posée, en tant que créatrice de vidéos sur Youtube :

parmi toutes les critiques que je reçois, qui est légitime
à donner son avis
sur mes productions ?

 

 


Suite à mes réflexions, j’ai établi une petite liste mentale, libre à vous d’y adhérer ou non, de :


❌ ceux dont l’avis n’est pas à prendre en compte :


les rageux, les impolis. Même si ce qu’ils disent peut être pertinent, leur commentaire a été rédigé visiblement dans le but premier de vous déstabiliser.

Comment peut-on à la fois être dans l’optique de vous aider, tout en vous brisant émotionnellement ?

Ce paradoxe permet à lui seul de conclure qu’il ne faut pas accorder d’importance à la malveillance.

Je pense également que même un commentaire, construit et détaillé, mais rustre, n’est que le reflet d’une personne qui se place en instructeur…et en vrai, c’est tout. Bref, l’individu veut juste prendre l’ascendant sur vous avec quelques arguments qu’il maîtrise, en réalité il se fiche très certainement de vos productions.


les inconnus, évidemment. Par « inconnus » je veux dire le public récent, les individus qui ont l’air d’être tombés sur votre contenu par hasard, ceux avec qui vous ne communiquez que superficiellement…

Car ils cernent peu votre démarche personnelle,
n’ont pas connaissance de tous les paramètres relatifs à votre contenu,

ce qui marche bien auprès du public, ce qui vous anime personnellement dans vos productions,…


les amis, la famille. On a tendance à accorder beaucoup de crédit à nos proches, mais au même titre que les inconnus, ils n’ont pas forcément les compétences pour vous aider ! L’objet de votre communication n’est certainement pas leur domaine d’intérêt ou professionnel. Donc quand bien même, lorsqu’ils veulent vous aider avec toute la gentillesse du monde, sont-ils les mieux placés pour le faire ?

 

 

Et maintenant, parlons, toujours selon moi, de

 

✅ ceux dont l’avis est à prendre en compte :


les vieux abonnés, l’audience fidèle présente depuis longtemps. Ils ont suivi votre évolution, vous suivent pour de bonnes raisons, et sont bien placés pour vous dire en toute objectivité ce qui est cool et ce qui pêche selon eux dans votre travail.


les collègues qui produisent aussi du contenu en ligne, de préférence avec la même activité. Parce qu’ils travaillent avec les mêmes enjeux que vous.


les professionnels de votre domaine. Attention cependant à ceux qui font passer l’esprit de concurrence et de compétition avant la camaraderie ! Comme dit plus haut, on n’obtient rien de bon sur une base de malveillance.

 

 

 

5. Comment gérer tout ça émotionnellement ?

 


Autant un retour positif et encourageant réchauffe le cœur, autant il est naturellement difficile d’encaisser insultes, critiques virulentes et mépris.

Tout dépend de la plateforme de publication et de la possibilité offerte à l’audience pour s’exprimer. Sur YouTube par exemple, caché sous l’anonymat ,le public n’a pas d’âge, de profil, d’identité définissable. Il y est alors particulièrement…cash !


Voici cependant

➡ quelques petites choses à bien garder en tête pour conserver son sang-froid

et ne pas rentrer dans le jeu des critiques négatives, voire agressives :


– les malveillants sont ainsi, car ils sont eux-mêmes victimes de malveillance.

Ils reproduisent simplement ce qu’on leur fait subir…L’attaque à votre encontre n’est pas faite parce que vous êtes le pire être vivant sur Terre, mais parce que ces pauvres gens s’expriment avec le moyen de communication qu’ils connaissent. Bref, sans faire de la psychologie de comptoir, bien souvent la violence de leur propos n’est que le reflet de leurs frustrations et problèmes personnels.


– Ce qui me chagrine personnellement, c’est que ces profils haineux sont en grande majorité…des enfants. Des pré-adolescents immatures, mal ou pas éduqués, mal ou pas surveillés…Je suis assez triste de voir que ces jeunes sont ainsi malmenés et m’inquiète, quels adultes deviendront-ils plus tard…? Mais bon, c’est un autre sujet.

 

ces gens ne réagissent que de manière émotionnelle.

Face à un propos ou une situation, ils ne pensent pas, ils ressentent. Et à vrai dire, on se fiche de leurs petits états d’âme, ce n’est pas très constructif…

 

– Ils attaquent votre contenu, pas vous.

Ils ne vous connaissent pas personnellement donc il n’y a aucune légitimité à accorder à leurs propos. Pour ce qui est des attaques sur le physique éventuellement, eh bien, encore une fois, personne n’a le goût universel et absolu…!

 

 ✔ Quoi faire ou quoi répondre face à cela ?

 

Ne pas répondre.

Au final cela ne sert à rien, vous n’arriverez pas à convaincre un individu de ce type de la qualité de votre travail en communiquant avec lui. Puisque son souhait de base est juste d’activer une réaction émotionnelle en vous pour se distraire, pas de vous aider sincèrement.


– Si vraiment vous souhaitez répondre, suggérez-leur…de le faire eux-mêmes !

Parce que c’est toujours plus facile d’aboyer des instructions bien au chaud depuis son siège.
Surtout quand on n’y connaît rien.

 

 

 

 

Il ne faut évidemment pas être fermé à la critique négative…

tant qu’elle est constructive, justifiée, bien argumentée et énoncée avec diplomatie !


Mais hélas trop de personnes frustrées, jalouses ou en manque d’attention profitent de la facilité qu’est d’écrire des commentaires pour se défouler…

Parce que c’est toujours plus facile de taper sur ceux qui s’exposent, que de s’exposer soi-même !

 

Créateurs de contenus, gardez la tête froide, prenez du recul. Et surtout, restez fiers de vous.

 

Car le travail que vous fournissez demande quand même un sacré courage ! 😎

 

 

 

 

 

3 comments on “Gérer les critiques négatives
  1. Coralie Fouriau dit :

    C’est un magnifique article que tu nous as écrit là Zeib. 🙂 Ça fait du bien de le lire et c’est avec joie que je le partagerai. Il est vrai qu’on peut s’en prendre plein la tronche sans savoir pourquoi. Ou alors tu as juste répondu sur la vidéo d’un autre, tu n’étais pas de son avis alors il vient se défouler sur ta chaîne. Ça j’ai déjà eu une fois, comme je ne me laisse pas faire, voilà le résultat. Mais je ne me suis pas laissée dépiter pour autant. J’ai une amie québécoise à qui cet article sera fort utile parce qu’elle a eu des critiques sur son roman assez bizarres. Passe une bonne journée.

    • zeib dit :

      Merci 🙂 ! En fait je me suis rendue compte au fil de ma p’tite vie que des rageux, des haters, j’en connaissais. C’était des gens avec déjà une ou des difficultés fortes de base, problème d’obésité, de confiance en soi, de maltraitance…Ou alors c’était des enfants, tout seuls ou entre copains ! Du coup avant de prendre le commentaire pour soi, je pense vraiment qu’il faut avoir du recul sur la personne qui l’a écrit : c’est souvent quelqu’un qui a un problème à régler avec soi même…

  2. Fouriau Coralie dit :

    Je t’en prie. En effet ça peut être possible. Heureusement que ce n’est pas toujours le cas sinon je serais moi-même une rageuse. xD Mais bon en même temps, je ne suis plus au lycée. À cette époque je n’utilisais pas Internet comme je l’utilise maintenant. Et quand j’ai eu mon premier blog c’était pour écrire des histoires.
    Je rageais sur autre chose que sur Internet, la console. Je jouais à Street of Rage, je l’ai fini je ne sais combien de fois. J’avançais avec tous les ennemis autour de moi : même pas peur je vous démonte tous, aussitôt dit aussitôt fait. ‘^^
    Mais là ça devient grave quand même. Je préfère voir un gamin qui rage sur sa console plutôt que sur Internet. Il y a des gens de l’autre côté de l’écran, pas sur un jeu vidéo (à moins de jouer en ligne avec d’autres joueurs). Enfin bref, tu fais bien de rappeler certains points car sur le coup on a tendance à l’oublier. 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *