Pourquoi prend-on souvent les graphistes pour des informaticiens ? Tentative d’explication…

graphistes et informaticiens

 

Ils font tous les mêmes rapprochements bizarres.

Ils nous demandent tous ces mêmes choses, que l’on n’est pas censé savoir faire en tant que graphiste…

Mais il faut penser qu’une croyance populaire a dit qu’on avait les compétences pour.

Quand on fait partie du métier, il est évident qu’un graphiste n’a rien à voir,

mais absolument rien à voir,
mais absolument rien du tout avec un informaticien.

 

(Pour la définition de l’informaticien, je vais simplement me baser sur la liste des métiers techniques proposée par ce bon vieux Wikipédia : administrateurs, programmeurs, développeurs, web-masters, techniciens de maintenance).

 

Alors pourquoi diable, à la préparation d’une réunion, demande-t-on toujours au graphiste de vérifier les connexions entre les ordinateurs, le réseau intranet et les appareils de conf-call ? Pourquoi l’appelle-t-on lorsque l’on découvre un nouveau logiciel et que l’on ne sait pas où cliquer ?

Pourquoi nous, pourquoi ?!

giphy - Pourquoi prend-on souvent les graphistes pour des informaticiens ? Tentative d'explication...

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Ce sont toujours les mêmes réclamations qui reviennent, les mêmes mélanges de compétences qui se font.

J’ai essayé de comprendre ce qui pouvait être à l’origine de ces confusions,

et vous expose 3 raisons potentielles.

 

Bon, ce n’est pas évident de se mettre dans la tête de quelqu’un qui n’a rien compris, alors que pour soi-même, tout est très clair…J’ai fait ce que j’ai pu. 🙃

 

 

 

 

1. Logiciels informatiques peu communs = compétences en informatique plus développées

 

 

A en juger par les réactions des externes aux métiers de l’image, impressionnés devant Photoshop, avec toutes ces fenêtres pleines d’outils dispersées sur le double-écran…

les logiciels graphiques seraient techniquement très complexes.

 

Il se crée alors, dans les esprits, un rapprochement d’idées super étrange, qui dit que « logiciel informatique un peu différent = besoin de connaissances en plus = connaissances informatiques plus poussées = connaissances importantes en informatique « …

Hey, ça part trop loin.

 

Bon, il faut prendre du recul : vous avez été formée à la Suite Office, et moi la suite Adobe.

Ce n’est pas parce que vous ouvrez rarement un logiciel graphique, qu’il faut immédiatement en déduire que c’est compliqué !

Encore moins si vous n’en avez jamais bidouillé…Si vous mettiez les mains quotidiennement dans mes logiciels, vous vous rendrez compte que c’est comme tout, ça s’apprend et se maîtrise. Et après, c’est une logique à comprendre et adopter, qui varie d’une suite à l’autre (comparez par exemple Adobe et Autodesk : deux suites de logiciels pour le graphisme, qui, que ce soit pour l’interface ou les fonctions, n’ont rien à voir !)

Lorsque je vous vois entrer dans Excel une formule de barbare pleine de caractères étranges en surfant d’un tableau à l’autre, alors que moi, pour sélectionner mon outil « pinceau », j’ai juste à cliquer sur le pictogramme « pinceau »…Croyez bien que je n’en pense pas moins.

Et au passage, Powerpoint me terrifie.

 

 

 

2. « Les fonctions graphiques sont très automatisées. Le graphiste se charge juste de créer des templates. »

 

 

Encore un lien très étrange qui se fait dans les esprits.

Celui-ci décrète que « les logiciels graphiques sont impressionnants. Alors les fonctions graphiques sont poussées. Beaucoup de fonctions sont certainement automatisées. Donc le travail du graphiste, ce n’est certainement pas de créer le visuel, mais de préparer le template pour ce faire. »

Alors, non.

Surtout la troisième phrase, non !

GIF - soupir

 

Qu’est-ce qui vous laisse penser que les fonctions sont automatisées ?

Il existe certes des fonctions normalisées : les alignements, les styles, les nuances…Mais le jour où vous réciterez votre brief à la machine, et qu’elle vous produira un visuel conforme à ce que votre inconscient désire concrètement, alors on pourra envisager de se passer du graphiste. (Pour la précision, c’est un informaticien qui aura programmé la machine. Tout comme c’est un informaticien qui développe les logiciels. Un informaticien-développeur donc, je suppose).
Il faudra bien sûr lui faire prendre connaissance de la charte graphique de l’entreprise, votre volonté conceptuelle

Et surtout, anticiper tous les choix à faire en cas de conflit entre la charte et votre brief.

Par exemple : excédent de texte, image à retoucher car les couleurs sont criardes, …

 

Et c’est là que réside tout le travail du graphiste.

En d’autres termes, « humaniser » les demandes marketing établies.

 

En faisant en sorte que le visuel reste pro, propre et élégant, malgré les souhaits parfois tordus…Oui, travailler à partir de templates et gabarits pré-établis fait gagner beaucoup de temps, mais le travail est loin d’être fini pour autant !

Et si vous n’avez pas de charte, je suppose que vous souhaitez quand même que votre document soit un minimum agréable à regarder.

 

Donc maintenant, sachez que lorsque vous dîtes à un graphiste « c’est pas une grosse modif, c’est JUSTE changer la couleur, grossir le titre, ajouter 5 mots à la fin… »,

et bien ça implique bien plus de complexités que vous ne le pensez !

 

Alors, certes, il existe des professionnels qui mêlent les compétences. Notamment dans les métiers du web, où un graphiste web aura souvent des notions en intégration et programmation web. Mais il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’un panel de compétences qui dépasse la création graphique !

Et attention : « + de compétences » ne veut pas forcément dire « + compétent » 😉 .

 

 

 

3. L’aspect technique (= l’informatique) contrebalance le côté rêveur (= le graphisme)

 

 

Il y a un énorme cliché qui désigne le professionnel de l’image comme un artiste, rêveur, insouciant…Donc pour contrebalancer cette mission trop « facile », qui consiste à simplement imaginer et produire des idées, il faut bien faire des choses plus techniques. Comme par exemple…tiens, accomplir des tâches informatiques, allez hop.

Dans cette hypothèse d’explication, il est supposé que la phase de création est facile et rapide.

Donc pour combler le temps, on en déduira que le graphiste va travailler sur d’autres choses qui vont se faire devant un écran d’ordinateur.

C’est un peu comme penser qu’un boulanger possède un four ultra performant, qui lui permet d’enfourner le pain tout seul, le cuire à point, le sortir tout seul et le ranger tout seul dans l’étalage. Donc, pour s’occuper, notre boulanger peut bien au moins tenir la caisse…

GIF hamac

 

Hum, ok, et toute la phase de production graphique, elle passe où ?

Le graphiste ne se contente pas d’imaginer, il produit également bel et bien. Et pour rebondir sur le point précédent, la phase de réalisation est bien moins automatisée et facile qu’on ne le croit.

Un créatif qui propose des idées sans toucher à la production technique, sera généralement un directeur artistique. Celui qui applique ce que le directeur artistique dit, sera un exécutant.

Bon, cette fission entre les deux rôles est quand même assez rare.

Pour la simple et bonne raison qu’un créatif, pour réaliser exactement son intention, sera certainement obligée de mettre la main à la pâte. Et de même, un exécutant sera obligatoirement confronté à des choix esthétiques à faire lorsqu’il se confronte à une charte graphique, comme vu précédemment.

Ne serait-ce que pour donner une âme à la création !

Pas besoin de pousser la réalisation à l’extrême jusqu’à une production parfaite, tout dépend évidemment du style et des intentions souhaitées. Il faut simplement garder en tête que la solution de rapidité impactera toujours sur le qualitatif 😉 .

 

 

 

 

Le travail du graphiste consiste à rendre facile et accessible des informations et des concepts.

Ce qui ne veut pas dire que c’est le métier même qui est facile et accessible, attention aux rapprochements d’idées injustifiés !

Il est normal, en tant qu’individu extérieur au métier, de ne pas en cerner tous les aspects ni en connaître le fond. Nul besoin alors de combler avec des explications supposées à tout va. Après tout, si l’on maîtrisait parfaitement tous les métiers dans les moindres détails, alors nous serions tous multi-tâches, et le concept même de métier n’existerait pas 🙂 .

 

 

Graphistes, avez-vous vous mêmes d’autres explications qui pourraient justifier cet étonnant rapprochement d’idées ? 🤔

 

 

 

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