L’influence des couleurs sur nos actes quotidiens

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Cet article va être inspiré d’une conférence que j’ai visionnée, ▶ « le pouvoir des couleurs » de Jean-Gabriel Causse.
C’était assez intéressant, il expliquait comme l’utilisation de la couleur a varié avec les époques, comme les modes de couleur ont influencé les comportements, leur portée symbolique, leur puissance psychologique…

Saviez-vous que dans les années 70, époque de folie créative, les trois principales couleurs de voitures étaient le rouge, bleu et vert…Et qu’à notre époque actuelle où le moral est bas et le négativisme ambiant, on est davantage sur la palette blanc/noir/gris ?

Il y a évidemment plusieurs facteurs en jeu qui expliquent ceci ou cela.

Mais il est très intéressant de considérer la couleur comme influenceur sociétal !

 

 

 

Je vais vous résumer tout cela, saupoudré de mes propres analyses, en considérant :

1. La symbolique des couleurs

2. La présence des couleurs dans notre société

3. Leur utilisation sociale

 

 

 

 

1. La symbolique des couleurs

 

Il y a quelques années, je travaillai dans une entreprise avec des usines partenaires chinoises. La responsable marketing me racontait qu’il lui arrivait souvent d’avoir des difficultés de communication par mail avec les responsables chinois. Elle se souvenait notamment d’une fois où elle avait voulu insister sur un aspect urgent, et avait donc écrit son message en rouge et gras. Mais cela n’a visiblement pas du tout alerté le personnel asiatique, qui n’a pas particulièrement réagi face à l’alerte. Après discussion avec eux, ils ont expliqué qu’ils ont pensé que le mail indiquait que tout roulait comme prévu, ils n’ont pas spécialement relevé le caractère urgent. Pourquoi ? Parce qu’en Chine, le rouge est associé à la réussite, a une connotation positive. Tandis que chez nous, il s’agit d’une couleur utilisée pour attirer l’attention.

Cela n’a pas du tout été perçu et interprété de la même manière chez l’un et chez l’autre.
Amusant, n’est-ce pas ?

(enfin, pas pour l’équipe marketing mais pour nous autres, c’est une bonne petite anecdote 🙂 ).

 

Tout ceci pour dire que

la symbolique des couleurs n’est pas un ressenti inné ;

elle est variable selon les cultures et les pays, et il s’agit d’un code social avant tout.

Bon, on admettra quand même trouver une forme d’universalité dans certaines teintes, le gris ayant par exemple un caractère bien plus neutre que le rouge.

 

cultures et couleurs

Visuel issu du site recreation-digitale.com : http://recreation-digitale.com/utilisation-couleur-marketing-signification/

 

 

 

2. La présence des couleurs dans notre société

 

Beaucoup de teintes ont une symbolique encrée dans notre fonctionnement social depuis des siècles, parfois reconstruite avec le temps.

Si nous considérons le vert par exemple, au Moyen-Âge, il s’agissait de la couleur du diable ! Elle portait malheur aux acteurs de théâtre, avait une mauvaise connotation et était évitée autant que possible dans l’habillement, les représentations picturales. Aujourd’hui, on y lit plutôt le bio, la nature, le calme…Bref, meilleure période pour le vert.

 

"Saint Wolfgang et le Diable", de Michael Pacher, huile sur panneau. 1471-1475.

« Saint Wolfgang et le Diable », de Michael Pacher. Huile sur panneau. 1471-1475.

 

A l’heure actuelle, je pense pouvoir affirmer que pour la plupart des gens, la couleur démoniaque est le rouge. Rouge parce que le sang, parce que la lave, parce que la colère…

Ces codes auraient-ils changé en partie à cause de nouvelles découvertes, de nouvelles influences ?

 

Si vous voulez mon avis, je pense que la mondialisation n’y est pas pour rien !

A travers les films et les œuvres culturelles, nous sommes confrontés à d’autres codes, ce qui fait que je ne serais pas étonnée par une uniformisation des symboliques de couleur à l’échelle des pays occidentaux.

Une couleur en particulier a son impact et fait significativement son chemin à l’heure actuelle :

le blanc.

 

Beaucoup diront d’ailleurs « mais ce n’est pas une couleur ! » Il est universellement admis que le blanc évoque le vide, la pureté, la neutralité. Dans notre monde qui veut tendre autant que possible vers l’uniformité, où tout est propre, aseptisé, où tout produit doit être consommé par la masse, avez-vous remarqué comme le blanc se glisse maintenant partout ? Je pense à des marques, comme Apple, qui souhaitent s’imposer sur le marché international. Je pense à toutes ces publicités qui nous vendent principalement des produits d’hygiène, d’entretien ménager, électroménagers, électroniques, tous design, tous plus blancs que blanc.

Du pur, du propre.

 

Je pense aussi à nos intérieurs de maisons et d’appartements qui sont souvent blancs, parce que le design, le bon (ou l’absence de ?) goût, pour que le lieu puisse être facilement loué. Je constate aussi une vraie neutralité dans l’habillement ; à défaut de blanc (parce que le blanc, c’est salissant), on reste dans le neutre avec des tons noirs, gris, parfois du marron dans les moments de folie…

Cette neutralité et uniformisation via la couleur est-elle une bonne chose ?

Pour ma part, je trouve cela un peu triste…Car à couleur non stimulante, émotions non stimulées.

Je ne serais pas étonnée qu’on puisse faire le lien entre la morosité ambiance de notre époque, avec notre environnement terne. Je ne dis pas qu’aujourd’hui, absolument tout est gris, mais je pense cependant qu’on accorde une forme de noblesse aux couleurs neutres, et que l’usage de la couleur devient populaire, voire kitsch quand il y en a trop. Et à mon humble avis…c’est un peu dommage !

 

objets blancs

 

 

 

3. L’utilisation sociale de la couleur

 

Il y a fort fort longtemps,

les hommes vivaient dans la forêt, dans les plaines et dans les grottes. Ils étaient davantage soumis à leur environnement coloré qu’ils ne le créaient. Ce qui ne les empêchaient pas de réaliser de jolies fresques en pigments, avec des couleurs vives qui se détachaient bien de la teinte grisâtre des parois minérales. La couleur n’était en ce temps pas un choix de représentation, mais un repère environnemental : sans rien affirmer, j’imagine qu’on pouvait associer par exemple le rouge à la nourriture (fruits, viande), on différenciait certainement davantage les teintes de vert, puisque c’est une couleur très présente dans la nature. Le fluo, typique des champignons vénéneux et des plantes toxiques, devait sans doute s’associer à de la méfiance.

Bref, autrefois, la couleur s’imposait à l’homme.

 


Par la suite,

il a pu davantage développer son univers pictural, il pouvait alors recréer le monde non pas tel qu’il était, mais tel qu’il avait envie de le représenter. L’homme a ainsi élaboré ses propres codes par la couleur, selon de nombreux paramètres : attributions sociétales, rumeurs et associations d’idées, valeur attribuée, facilité et/ou coût de fabrication de la teinte, etc…C’est ainsi que nous en arrivons au vert qui porte malheur, au bleu qui devient une couleur noble car le pigment est difficile à obtenir pour créer cette teinte, au doré qui évoque la matière précieuse qu’est l’or. Cependant, il faut observer que tout individu n’a pas l’opportunité de « décorer son environnement » ; alors qu’au Moyen-Âge, les ecclésiastes étaient les principaux missionnés à l’enluminure d’ouvrages et manuscrits, il y avait également quelques artisans peintres, sculpteurs. Mais la majorité de la population se consacrait au travail des champs ou au commerce. De même à l’ère industrielle, beaucoup de monde passait le clair de son temps à l’usine !

 


Ainsi, nous sommes arrivés dans une nouvelle époque,

où chacun veut s’exprimer et trouve des prétextes à le faire. N’importe qui peut laisser son empreinte visuelle, à travers les réseaux sociaux, la publication de vidéos sur Youtube…On ne faisait que des beaux dessins et des jolies peintures qui ne sortaient pas des murs de la maternelle ? Maintenant, n’importe qui peut ouvrir un site web et montrer ses œuvres, les imprimer.

Notre ère est plus créative que les précédentes,
les gens ont une plus forte nécessité de montrer leur personnalité.

 

Ce qui peut être étroitement corrélé avec cet environnement uniforme dans lequel nous vivons (pour en revenir à l’usage actuel et permanent du blanc) ? Je ne peux rien affirmer, mais je l’envisage ! Quoiqu’il en soit, je pense qu’à l’heure actuelle, beaucoup de codes colorimétriques autrefois très encrés dans les esprits, pourraient être réellement déconstruits.

Maintenant, ce n’est ni la nature qui impose la symbolique des couleurs, ni une élite ; c’est nous tous !

Allons-nous en arriver à un gloubiboulga de couleurs jusqu’à ce que tout cela n’ait plus de sens ? Je ne pense pas. A mon avis il y aura toujours une pertinence de l’usage des couleurs, ce qui fera que les contenus qui feront les bons choix capteront davantage l’attention générale (et il en est de même avec les formes et pictogrammes).

 

influence des couleurs - évolution

 

 

Il y a tant à dire sur la couleur, sa présence, ses usages !

Et ne soyons pas naïfs, elle nous influence énormément, en dit long sur nos sensibilités, nos centres d’attention. Beaucoup de pages web répertorient la symbolique des couleurs (selon la perception occidentale voire uniquement française), vous pouvez facilement trouver ces informations…Ou tenter de les décoder par vous-mêmes 😉 !

 

 

 

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