Pourquoi les métiers graphiques ne mourront pas de si tôt

 

 

Pourquoi les métiers graphiques ne mourront pas de si tôt,

Et pourquoi il faut les prendre au sérieux :

 

 

Mamie zeib 🤶 vous propose d’introduire cet article avec une petite histoire :

 

Appoule, Makdow et Billonecey sont trois marques très puissantes.

 

Influentes à l’échelle mondiale, chacune détient quasiment le monopôle dans son domaine respectif ; Appoule tape dans la hightech, Makdow dans la grande restauration et Billonecey fait dans le showbiz.

A chaque minute, plusieurs produits de ces marques s’écoulent dans le monde. Et pourtant, avec du recul, il y a de quoi s’interroger sur le mérite de tels succès…

🖱 Parlons de la firme Appoule :

élevée au rang de symbole de notre siècle, en moyenne 1 adolescent sur 3 possède un appareil de la marque. Malgré le prix très élevé de ses produits, des performances inférieures à celles de ses concurrents, de réels soucis de compatibilités avec la plupart des instruments électroniques et les prétendues inventions technologiques qui sont en réalité des vols de brevets, Appoule possède une étonnante fanbase prête à la défendre bec et ongles.

🍔 Penchons-nous maintenant sur Makdow ;

la grande représentante de la restauration rapide. Il faut dire qu’elle a instauré les premiers fastfoods, s’est développée et installée à l’échelle nationale il y a déjà plusieurs décennies. Manger chez Makdow, c’est cool, c’est convivial, on vient comme on est. Mais pour y ingurgiter une « nourriture » de type carton salé au ketchup, avec des menus plus chers même que la plupart des restaurants de qualité correcte, le sacrifice du cool est lourd. Lorsque de nombreuses organisations ont décrié Makdow comme vendeuse de poison, la marque a simplement passé son mythique logo rouge, en vert. Surfant ainsi sur la tendance bio et redorant indirectement son image. En avait-elle vraiment besoin ? Ses restaurants ont toujours été bien remplis, quoi qu’il arrive.

✨ Pour ce qui est de Billonecey,

à l’origine, il s’agissait du pseudonyme d’une chanteuse. Pas incroyable, pas spécialement talentueuse non plus. Grâce à ses contacts familiaux dans le show business américain et la collaboration des médias, on l’a rapidement magnifiée au rang de star à la voix aussi impressionnante que sa beauté. Évidemment, tout cela est relativement bidon, mais à force de faire rentrer ces idées dans la tête des gens et de le répéter partout à tout va, beaucoup s’en sont persuadés. A l’heure actuelle, le nom « Billonecey » n’est plus à considérer comme individu, mais comme marque. Les bénéfices générés par les produits dérivés (albums et vidéos de concerts, parfum, ti-shirts, goodies,…) sont énormes. Et au besoin, les medias jouent le jeu en remettant la starlette en avant, lorsqu’il faut réactiver l’envie de consommation des fans.

 

 

Trois entreprises plutôt à blâmer, me direz-vous ?

Et pourtant, si l’on en croit ce que je vous raconte, leur succès n’est pas prêt de décroitre.

 

Tout simplement parce que

💫 les trois marques se sont créées une image ultrapuissante. 💫

 

Elles savent parfaitement communiquer, mettre en valeur leurs produits, ont des arguments de vente convaincants. Elles savent nous influencer pour nous persuader que ce qu’elles nous offrent, c’est ce dont on a besoin, et pas autre chose.

Nous mêlons bien entendu dans ces trois exemples un gros travail de marketing et de communication. Ces activités sont complémentaires, il est rare d’élaborer une stratégie marketing uniquement textuelle. Et réciproquement, un visuel aussi éblouissant soit-il, restera vide d’intérêt si celui-ci n’est pas correctement vendu.

Au-delà de la communication visuelle, nous ne pouvons nier que dans beaucoup d’autres domaines, on préfère reposer l’intérêt sur l’aspect graphique que sur le fond de propos : jeux vidéo graphiquement irréprochables mais au gameplay de plus en plus léger, films qui misent davantage sur les effets spéciaux que le scénario…(nous ne détaillerons pas ici les influences culturelles à l’œuvre et en resteront au simple constat).

 

 

Pourquoi les métiers graphiques ne sont pas prêts de mourir de si tôt ?
La réponse que je vous suggère ici est assez simple :

Tant que les gens consommeront des produits pour leur image et pas pour leur qualité, alors les métiers du traitement visuel ne mourront pas.

 

Alors, d’accord, dit comme ça, cela fait passer l’activité de graphiste comme un boulot qui consiste à « défendre le Mal » 😈.
Ce que je souhaitai vous démontrer par là avant, c’est qu’il est à l’heure actuelle possible de vendre tout et n’importe quoi, tant que l’image est bien travaillée ; une impression de sérieux, d’engagement éthique, de talent, d’innovation…Ce n’est qu’un « costume« , une manière de se présenter, après tout. Et à en juger par les intérêts de consommation actuels, l’influence de l’image est considérable. Dans notre société du superficiel, plus vous aurez payé cher votre costume, plus vous serez pris au sérieux, n’est-ce pas.

 Mais le consumérisme ne se résume pas à une bande d’entrepreneurs méchants et sans éthique !

 

L’image peut tout à fait servir de bonnes causes aussi 😇 (il est bien également de considérer que la notion de bien et de mal est relative à chacun) : tout le monde connaît le logo de la WWF, qui représente à merveille le louable combat que l’association défend. Admettez aussi que les images de chatons et chiots terriblement mignons, affichés par la SPA, vous touchent en plein cœur et vous font envisager de rendre un animal heureux…Oui, je suis sensible à la sauvegarde des petites bêtes, vous l’aurez compris 😉 . Et d’ailleurs, il est bon de noter que

chacun est sensible à sa manière aux images perçues.

 

Certains résument leur efficacité selon leur degré de beauté/mocheté…non !

C’est à partir du moment où l’on constate que les visuels choisis font réagir (ouvre la discussion, pousse à l’acte d’achat ou de consommation…), que l’on pourra les considérer efficaces.

 

Libre à vous de pousser la réflexion graphique jusqu’à son paroxysme. Vous pouvez étudier tout l’impact marketing possible, ou simplement vous contenter de « quelque chose de propre ». Je suis prête à parier que vous seriez davantage consent à acheter votre pain dans une boulangerie simplement propre, aux étalages bien disposés et une bonne odeur qui s’en dégage, plutôt que dans une autre où il fait sombre et que tout est disposé « à l’arrache ». Et ce, même si le pain est meilleur dans la seconde !

 

 

➡ Voir l’article : le graphisme, pourquoi parfois c’est cher, et d’autre fois c’est gratuit ?

 

 

Vous l’aurez compris, les métiers de l’image sont à prendre au sérieux, car les créateurs d’images sont influents.

 

Plus cet aspect est développé professionnellement, meilleurs seront vos résultats, en terme de réaction du public. Mais n’importe qui avec un sens minimum de l’esthétique peut tout à fait proposer des visuels corrects et convaincants.

 

Cela m’ouvre d’ailleurs à proposer l’autre raison qui, selon moi, justifie la pérennité des métiers de l’image : il n’y a pas d’automatisation possible. Les machines n’ont pas encore été suffisamment développées pour avoir une réelle sensibilité créative.

 

Nous en discuterons donc dans l’article de la semaine prochaine 😉 !

 

 

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