J’ai passé un bout de ma vie avec un ninja | CHARACTER DESIGN

Laissez-moi vous présenter aujourd’hui un individu qui a bien ponctué ma vie : le ninja. Bon, il n’a pas de nom propre…mais ce n’est pas grave, tant qu’il se reconnaît.

J’ai commencé à travailler sur « le projet ninja » (ça fait très classe dit comme ça !) avant d’avoir commencé mon année en Bachelor Video Game Arts. J’ai considéré l’avoir fini une demie-année après la fin de mon contrat en alternance. Soit une période d’environ deux ans.

Non, je n’ai pas mis deux ans à dessiner deux bras et deux jambes ! Ce qui partait pour être l’illustration d’un simple personnage s’est transformé en un dossier bien consistant. Travail approfondi du character design (posings et expressions du visage). Développement de personnage secondaires ; le sensei et le tigre,Illustrations et artworks. Et enfin, animation 3D (ce qui insinue storyboard, modélisation, texturing et animation…)

Bref, vous voyez l’étendue que cela a pris.

Tout cela a commencé avec un simple dessin d’un fier petit ninja, aux proportions un peu hasardeuses.

Première esquisse du ninja.

Peu de temps après, nous sommes quelques mois avant la rentrée scolaire. Il m’a fallu faire une formation accélérée d’un mois sur un logiciel de 3D, 3Ds Max. En effet, intégrant un cursus directement en 2ème année, l’école voulait s’assurer que je serai bien au même niveau que les autres.
« Pour vous expliquer les principes de modélisation, texturing et animation, nous allons nous entraîner ensemble sur des personnages génériques. Et idéalement, à la fin de cette formation, je souhaiterais que vous ayez développé votre propre personnage dans son environnement », nous expliqua le formateur. Griffonné entre trois feuilles, voilà que mon petit ninja pointe alors le bout de son nez. Bien, pourquoi pas se lancer sur sa conception !

C’est ainsi que ce petit bonhomme fut l’un des tous premiers personnages que j’aurai réalisé en 3D.

Mais cela ne se fait pas aussi directement. Avant une modélisation, il faut représenter le personnage sous les angles principaux : face, profil, trois-quart, parfois dos. C’est ce que nous appelons un turn. Dans un premier temps, on établit une esquisse bien normée, puis on se sert de cette base pour modéliser.

Turn du ninja, esquissé puis réalisé en 3D. (ajout d’un effet cartoon)

Ensuite, pour l’environnement du ninja, que faire ? Allez, ne soyons pas trop excentriques, un dojo fera l’affaire !
Je dois avouer que je ne me suis pas trop cassée la tête : une salle rectangulaire, aux poutres dupliquées, avec quelques accessoires d’entraînements au combat permettront de comprendre le type de lieu représenté.

Dojo et éléments de décor, esquissés puis modélisés.

Puis, un mois passe, la formation se termine…nous avions seulement pu modéliser nos éléments. Il n’est pas facile pour de simples débutants de comprendre le logiciel et arriver à produire quelque chose en si peu de temps. Admettons-le, le programme était plutôt ambitieux.

Par la suite, j’entre en Bachelor, et en parallèle, passe la fin de ma semaine en entreprise. Puisque je suis à cette époque en contrat de professionnalisation.

…Deux heures de transports pour se rendre au travail, c’est plutôt long.

Une fois qu’on connaît le paysage par cœur, on s’ennuie, quand même. C’est alors que j’ai repensé à mon petit ninja. J’aurais bien souhaité trouver le temps de l’achever…mais je ne souhaitais pas embarquer mon ordinateur portable dans le RER ! En ce temps les laptops étaient lourds et peu performants pour supporter les logiciels 3D . Le mien en tout cas n’était pas top top.

Quelques crayons et feuilles de papier, en revanche, ça s’embarque partout…

Alors, mes papiers sur les genoux et de station en station, je me suis mise à esquisser mon ninja. Sous tous les angles, sous toutes les poses qui me venaient à l’esprit.

Petit aparté :

Pourquoi y a-t-il un « sous-crayonné » bleu sur mes esquisses ?

Le « bleu » est un crayon spécial, invisible au scanner, qui permet de dessiner les bases d’un personnage lors du character design. Avec un crayon noir, on peut ainsi repasser sur les traits « finaux » et obtenir un résultat propre à la numérisation. J’ai rapidement pris cette habitude de travail, mais n’ayant pas avec moi de bleu sur le moment, je me suis contentée d’un traditionnel crayon de couleur. Par la suite, vous verrez que j’ai réalisé (et dessine encore à l’heure actuelle 😉 ) des esquisses avec une base bleue volontaire. Car je trouve le rendu visuel en réalité assez charmant.

Sous l’œil amusé des autres passagers, le temps passait beaucoup plus vite !

Ainsi, plus je le dessinais, plus je lui attribuais une personnalité, consciemment ou pas.

Je lui inventai une vie au fur et à mesure de mes dessins. N’allez pas croire, j’ai évidemment fini par me lasser un peu. Je suis alors partie sur…d’autres personnages, complémentaires au ninja. Il s’entraîne aux arts martiaux ? Il lui faut un sensei ! Son dojo se trouve au fin fond de la forêt de bambous, il doit y croiser des animaux dangereux…

De même, je creusai une personnalité, des attitudes propres à ces êtres secondaires à force de les représenter.

Pour les faire vivre entre eux, j’esquissais également des petites scénettes aux crayons de couleur.

scénettes entre le ninja, le sensei et le tigre.

Pour ne pas simplement représenter des personnages flottant dans le néant, je créais des artworks. Je dessinais les bases dans le train, toujours au crayon, puis colorisais l’ensemble chez moi numériquement à la tablette graphique.

Enrichissant ainsi toujours plus l’univers du ninja.

Enfin, mon année de Bachelor s’est achevée. Mon projet d’année est réalisé, soumis au jury et valide mon passage en troisième année. (une animation 3D de moins de deux minutes que vous pouvez voir ici : ➡The toad ).
Je ne crache évidemment pas sur une petite période de vacances bien méritée. Mais ayant du mal à rester inactive bien longtemps, n’ayant plus à prendre les transports…Et bien autant s’installer avec ma tour de PC et repartir dans le « projet ninja 3D » !

J’ai repris mes modélisations et les aient un peu perfectionnées.

J’ai finalisé le rigging de mon ninja. C’est-à-dire la création d’un « squelette » à l’intérieur de la modélisation 3D qui lui permettra de bouger comme je le souhaite.

J’ai bien tenté d’améliorer les textures, mais veuillez m’excuser, ça n’a pour le coup jamais été mon point fort…

Bien, les éléments sont prêts. Alors, et maintenant, qu’est-ce qu’on en fait ?
En réalité, avant de « rigger » le personnage, il est plus judicieux de connaître les mouvements qu’il va exécuter pour adapter en conséquence. Si votre bonhomme est un pianiste, il faudra miser sur l’animation de ses doigts. Si il est prévu qu’il reste assis bien sagement, on ne va pas s’embêter à travailler ses jambes…

J’ai donc réalisé un petit storyboard, établissant le déroulé de mon animation en projet :

Et ainsi, petit à petit, le ninja s’est mis à bouger, à taper sur la brique, à se faire mal, à sauter dessus…comme prévu !

ça ne s’est pas fait en trois jours, vous vous en doutez. Il y eut des périodes de forte motivation, d’autres de difficultés techniques, de délaissement, de reprise…Ceci entrecoupé avec les cours et le travail en entreprise ayant repris entre temps. Mais pour conclure, je me suis accrochée, je voulais terminer ce projet. J’ai tenu bon.

Voici à présent l’animation finale. Elle n’est pas parfaite, il y a quelques petits bugs, mais elle représente pour moi un projet très sérieux, très personnel. Une ambition qui a rythmé une partie de ma vie.

Et pour tout ce que le ninja représente pour mon évolution personnelle,

j’en serai toujours fière.

Les planches de présentation du ninja sont rassemblées dans le portfolio :

➡ Planches de présentation du projet

Voir l’article ▶ pour apprendre à dessiner des personnages expressifs

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