Pourquoi les créatifs s’identifient autant à la marque Apple ? 🍏🎨

 

 

Non, rien à voir ici avec le débat stérile « les Macs c’est nul vs les PC c’est de la bouse ». Je ne vous livrerai pas mon point de vue à ce propos.

Le but de cet article n’est pas de vous proposer un condensé d’expériences personnelles, pour vous démontrer en quoi il est mieux d’utiliser ceci, ou cela ! Avec le temps, j’ai fini par adopter l’idée que le jugement qualitatif est relatif à chacun. Tout dépend de notre logique, notre intuitivité, nos usages…et c’est en cela que notre choix s’orientera vers tel ou tel appareil.

 

Le fait est qu’à l’heure actuelle,

on rapproche encore énormément les métiers de l’image à Apple.


Que la marque se veut synonyme de création, de liberté de pensée. Et réciproquement, beaucoup de designers choisissent comme outils de travail les produits de la Pomme.

 

En entreprise, bien souvent le pôle graphisme se retrouve seul possesseur de Macs. Et ce malgré les innombrables soucis d’incompatibilité avec le réseau interne, le matériel informatique et les difficultés de maintenance. En travaillant régulièrement sur une de ces machines, on prend rapidement conscience que le discours marketing « jamais de bug, super intuitivité » est assez bidon.

Et ne parlons pas du budget important que représente chaque élément et chaque fourniture Apple, mal justifié puisque la qualité n’est pas meilleure que les autres marques.

…D’accord, il se peut que mon avis personnel transparaisse par moment…

Mais n’en tenez pas compte, ce n’est qu’une opinion parmi tant d’autres ! 😉

 

 

Répondons à la question ici essentielle :

Pourquoi Apple se veut créative ?

Les créatifs favorisent souvent Apple, pour quelles raisons ?

Pourquoi cette association d’idée permanente entre la Pomme et le monde de la création graphique ?

GIF - incomprehension

 

Voici mon explication personnelle, en 3 points :

 

 

1. Le design avant tout

Je ne vous apprend rien ici, Apple est une marque qui mise énormément sur son design.

Le créateur designer, qui travaille par ce mode d’expression, c’est à dire le travail esthétique, s’identifie facilement aux objectifs de la marque. Ils ont le même but : avoir une identité visuelle forte, s’y tenir, la développer et la crédibiliser à long terme.

Vous me direz qu’il s’agit de l’initiative de toute grande marque, certes. Mais nous sommes d’accord pour dire qu’Apple mise partiulièrement sur la puissance visuelle de ses produits, de sa communication, plus encore que ses concurrents. C’est au point qu’elle a su installer les codes de la communication des derniers produits multimédia ! Codes qui sont à l’heure actuelle repris quasiment partout : observez les pubs à la télé de smartphones ou écrans plats. Pourquoi tous nos outils de consommation multimédia ressemblent davantage à des Iphones qu’à des BlackBerry (ces deux smartphones ayant été mis sur le marché à la même période) ? Question présentation du produit, où avez-vous vu pour la première fois cette sobriété, cet esprit épuré et géométrique ?

 

 

Bien. La question qui en découle, c’est

pourquoi CES codes fonctionnent ? En quoi sont-ils si efficaces ?

 

 

Vous avez déjà probablement entendu l’expression « less is more » ?

Le principe est de ne pas encombrer le spectateur, consommateur ou public, d’informations non indispensables. Ainsi, le cerveau ne perd pas de temps à décrypter des petits détails superflus, et ne se concentre que sur l’essentiel.
Peu d’informations limitent la possibilité de s’attarder sur certains aspects. C’est totalement l’inverse du principe de tendre le bâton pour se faire battre : n’évoquez jamais l’existence d’un bâton, et personne n’aura l’idée de vous frapper…

A trop vouloir épurer, n’y a-t-il pas cependant un risque de perte d’information ou mauvaise interprétation ?
Eh bien disons que le cerveau a cette étonnante capacité à combler les incertitudes par cette merveilleuse aptitude qu’est :

☁ l’imagination. ☁

 

Lorsque l’on part avec un bon apriori à propos d’un objet ou d’une personne, mais que l’on en sait peu sur lui, notre esprit aura tendance à y associer automatiquement d’autres bonnes qualités. Cela se fait de manière inconsciente. Dans notre société du paraître, le cas est assez frappant : on accordera volontiers (et hélas) un meilleur jugement à une personne considérée belle, qu’à une autre au physique plus ingrat.

 

Allez, un petit exemple, afin d’illustrer un peu ces propos :

Eve & Wall-e, personnages du film Wall-e, de Pixar

Eve & Wall-e, personnages du film Wall-e, de Pixar

Voici deux petits robots bien connus. Saurez-vous me dire intuitivement

 

  • lequel est le plus efficace ?
  • Le plus fiable ?
  • Le plus développé technologiquement ?

 

Je suis prête à parier que vous avez accordé meilleur crédit à Eve. Pourtant, pour ceux qui ont vu le film, ne constatons-nous pas que le petit Wall-e est incroyablement productif ? Travaille depuis un temps inquantifiable ? A une étonnante capacité d’adaptation, de résistance et de compréhension l’environnement ?
Eve peut-elle en prétendre de même ? A vrai dire, nous ne le savons pas vraiment.

Mais il ne serait pas étonnant que vous ayez fait le raccourci facile « elle est jolie donc elle est mieux ».

 

Ne vous inquiétez pas, notre cerveau est ainsi fait et c’est à nous de combattre ces préjugés, je ne vous juge pas 😉 !

 

 

Contrairement à Wall-e, il y a moins de détails sur lesquels s’attarder en observant Eve. Alors que nous voyons un Wall-e tout sali, tout esquinté (= usé, sollicité, donc certainement bientôt hors d’usage, à la technologie certainement obsolète…et autres suppositions concrètement infondées),

nous n’avons rien de concret sur quoi nous raccrocher pour émettre un jugement objectif à propos d’Eve.

Et donc, partant d’une base visuelle agréable, notre cerveau ne peut s’empêcher de la magnifier, et ainsi synthétiser par une bonne perception d’elle.

 

Nous ne la voyons intervenir que plus tard dans le film. Est-ce que cela nous dit si elle possède ne serait-ce que la moitié du potentiel de Wall-e ? En vérité, nous ne le saurons pas, et d’ailleurs, les deux robots ne sont pas programmés pour la même fonction. Donc il n’y a pas réellement de meilleur, ou de moins bon (eh oui, c’était un piège ! 😉 ).

En attendant, notre esprit peut difficilement s’empêcher de jauger et d’émettre des jugements de valeur.

 

J’aurais pu vous faire la même comparaison entre un commercial, à l’image très propre et lisse dans son costume-cravate, comparé à un ouvrier de BTP, aux vêtements sales et les ongles noircis. Lequel est le plus sérieux ? Lequel gagne le plus d’argent ? Qui est le plus digne de confiance ? En réalité, aucune idée. Nous n’en savons rien, nous ne pouvons pas le deviner. Mais si nous avons essayé d’émettre un jugement, cela n’a pas se baser que sur l’apparence physique et sont donc à classer dans la catégorie « jugement à 2 balles ».

Je peux donc vous faire la comparaison, également avec un produit Apple et celui d’une marque concurrente au design différent 😉 .

 

 

Pour en revenir aux créatifs et particulièrement au milieu de la communication visuelle, dont je suis d’ailleurs issue : du CV jusqu’à parfois même la prestation client, il n’est pas rare de voir des productions très épurées, blanchâtres, du flat design à tout va. Les école d’art formatent d’ailleurs assez souvent à cette sobriété.
D’un avis personnel, je dirais que des tas d’autres codes visuels peuvent être également très efficaces. Mais là où ces derniers ne viseront que des niches et cibles précises,

« l’épuré blanc » offre davantage de possibilités à l’esprit pour sublimer et interpréter ce qu’il…ne voit pas 🙂 .

Touchant peut-être ainsi davantage les rêveurs, les imaginatifs…et les créateurs.

 

 

2. Une réussite marketing incontestable

 

Apple, dans le beau discours, c’est une marque fiable, intuitive, pratique, et en plus design.

N’importe quel usager de bonne foi est en mesure d’admettre que ses appareils lui ont déjà fait faux-bond, qu’évidemment ceci n’est qu’un argumentaire marketing et qu’il y a des failles, comme n’importe quoi.
Et pourtant, nous sommes d’accord pour dire aussi qu’il y a une fanbase (de mauvaise foi ? 😉 ) qui ne cautionnera jamais ces propos.

Apple, une marque pleine de défauts, et pourtant, pleine d’adorateurs.

 

Au vu de sa notoriété, que l’on aime Apple ou pas,

personne ne peut contester qu’elle représente une incroyable réussite.

Et ceci en forte partie, grâce à sa communication hyper chiadée, et une perception visuelle très étudiée, comme vu précédemment.
Pour n’importe quel graphiste, publicitaire, communicant de l’image, atteindre les gens à ce point, grâce à la puissance visuelle, représente un idéal que nous rêvons tous d’égaler ! Nous aimerions tous en effet créer un beau jour une charte graphique tellement géniale, que grâce à elle, des produits se vendront par milliers. Elle traversera le monde et deviendra emblématique d’une époque.

Le but des métiers de l’image est de décrypter et adopter les codes susceptibles d’atteindre l’émotion du public (ceci, pour le pousser à l’acte d’achat).
J’aurais donc tendance à penser que

beaucoup de créatifs voient ainsi la marque comme un exemple de réussite en terme de communication visuelle, et s’en inspirent donc.

 

 

Apple possède également ce talent d’entretenir dans les esprits un gage de qualité.

Maintes et maintes fois j’ai questionné mes amis et collègues sur leur choix : pourquoi travailler avec des Macs ? Pourquoi Apple ?
J’ai toujours eu droit à des réponses évasives : « c’est ce qu’on m’a recommandé », « c’est fiable, cela fait 5 ans que j’ai mon Macbook et il marche très bien » (Heureusement, j’ai envie de dire ! Comme n’importe quel ordinateur de ce prix ou même de gamme inférieure).
Ou encore le fameux discours marketing que l’on entend partout : « c’est intuitif, c’est ergonomique, facile à utiliser« . Une fois de plus je pense que cela est vraiment relatif à sa logique personnelle et l’usage que l’on fait de ses appareils.

Maintes et maintes fois, je me suis renseignée pour comprendre cette supériorité perçue accordée à la marque (inutile donc de me refaire tout l’argumentaire 😉 ).

 

Ce qui me sidère, au jour d’aujourd’hui, est le fait que personne ne peut prouver concrètement qu’il s’agit d’une marque supérieure aux autres.

Et pourtant dans beaucoup d’esprits, raisonne cet étonnant écho d’une excellente valeur perçue.

 

En effet, autrefois, la marque a su proposer des innovations technologiques intéressantes. La bonne calibration des écrans permettaient de réaliser des travaux visuels correctement, d’où, je pense, cette première proximité avec les métiers de la création graphique.

A l’heure actuelle, Apple est technologiquement en retard sur pas mal d’aspects.

Des composants importants de leurs appareils sont directement rachetés chez leurs concurrents directs Ce qui, en passant, explique en partie pourquoi certaines marque ne se tirent jamais dans les pattes : il y a des rapports commerciaux plus subtils qu’on ne le pense !

Apple ne crée ni n’invente rien. Mais a ce talent de démocratiser des technologies et intéresser le grand public.

 

Les écrans tactiles sont une technologie en usage dès les années 50. Les smartphones existaient bien avant l’apparition des Iphones, de même que les lecteurs mp3, qui sont devenus « cools » avec les Ipods. Rien de neuf ici, si ce n’est une incroyable capacité à s’accaparer des concepts, et persuader le consommateur que ces produits, sont indispensables.

GIF - vite

Je VEUX cet i-truc !!

 

3. Le côté smart

 

Une étonnante facilité à toucher nos émotions. A insinuer que nous sommes plus malins avec Apple. Que tout est plus simple, que nous ne perdons pas de temps, et ainsi gagnons en efficacité, en liberté d’esprit, en créativité. Cela nous laisse penser que nous avons fait le meilleur choix d’achat. Nous fais nous sentir supérieurs. Flatte notre ego.

J’aurais tendance à penser qu’il est assez incroyable de parvenir à ce point à diriger nos esprits pour nous persuader où se trouvent nos priorités, nos intérêts et nos buts personnels. Peut-être que je me dois aussi d’admettre qu’il s’agit cependant des objectifs de notre époque.

 

La marque adopte une image « geek malin ».

Elle arrive à nous donner l’impression que nous maîtrisons quelque chose d’incroyable technologiquement, et que nous sommes intelligents parce que nous avons entre les mains un appareil au potentiel remarquable. Bon, je pense que la seule personne vraiment intelligente ici n’est pas celle qui appuie sur le bouton, mais l’ingénieur qui a conçu tout cela…Enfin quoiqu’il en soit, il en découle

un sentiment superficiel de fierté qui peut rendre heureux.

 

 

Elle a donc réussi ce pari de parler avec les codes actuels,

créer les envies et besoins d’une nouvelle génération.

J’ai le souvenir, dans les années 90, que nous étions ravis de plonger les mains dans les circuits, étudier le fond des choses et apprendre la programmation pour créer ou réparer nous-mêmes nos appareils. Aujourd’hui, la fierté réside dans le fait d’avoir une application qui s’occupera du problème à notre place. Et ce, avec classe et esthétique.

Tout le monde se sent ainsi, en quelques petits clics, petit créateur, petit professionnel de l’image. Et comme via les apps, tout est facile, la « création » devient simple et agréable.

 

Il se crée, une fois de plus, une proximité avec les métiers de l’image.
Non seulement cela éveille l’intérêt des non-initiés,

mais cela flatte également la profession graphique.

 

Ainsi, en discutant avec d’autres graphistes, je ressens parfois une forme de « reconnaissance » qu’ils éprouvent envers Apple. La marque parvient à donner de la puissance à l’image, et met indirectement à l’honneur les techniciens qui sont derrière cela.

Elle magnifie le métier, et pour les designers et créatifs, il y a le sentiment que « la marque nous comprend ».

 

GIF - Travailler de bonne humeur

 

 

Derrière la charte graphique d’Apple, se cache des designers qui ont bien compris les codes émotionnels et perceptifs actuels, peuvent même les créer, et plus fort encore, les imposer.

Ces codes ont été mis en place par l’incontournable Steve Jobs, qui, pour rappel, n’était absolument pas technicien ou ingénieur. Mais avait un talent commercial que l’on ne peut remettre en question.

Qui ne dit pas que dans quelques années, un nouvel individu ou un nouveau groupe n’imposera pas, avec confiance et charisme de nouveaux codes visuels ? Bouleversant nos perceptions du beau, du design, du professionnel ?

Et ouvrant ainsi la voie vers…une nouvelle génération ?

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A l'heure actuelle, on rapproche encore énormément les métiers de l'image à Apple. La marque se veut synonyme de création, de liberté de pensée. Et réciproquement, beaucoup de designers choisissent comme outils de travail les produits de la Pomme. Pourquoi cette proximité entre ces deux univers ?
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