Le processus de création de ma BD « Drôles de rencontres »

process BD drôles de rencontres - banniere

Il y a quelques mois, j’ai réalisé une BD en auto-édition. A l’origine, cette bande dessinée se lisait en plusieurs parties dans les zeib-magazines, chaque magazine proposant une dizaine de pages de lecture avec la suite au prochain numéro. Celle-ci ayant vraiment bien plu aux lecteurs, j’ai alors proposé à ma chère communauté de la publier à part entière, en format A4 (les magazines sont fabriqués en A5) pour pouvoir bien apprécier les illustrations.


On m’a souvent demandé aussi quel était mon processus de création de cette bande dessinée ; est-ce du tout numérique ? Quels sont les logiciels utilisés ?

C’est vrai que techniquement, il y a à dire !


Voici les différentes étapes que je suis, pour ce faire :

  1. Le scénario
  2. Le tracé
  3. La numérisation
  4. La mise en couleur
  5. La mise en page

1. Le scénario

Parlons très rapidement du scénario histoire de dire que nous en avons parlé, il ne s’agit pas d’une étape graphique mais elle a quand même son importance ! Car c’est à ce moment que se fait une bonne part de la réflexion.
Je dois vous avouer que j’ai développé le scénario de l’histoire d’un magazine à l’autre…Moi qui aime tout prévoir à l’avance, la publication des magazines étant espacées de plusieurs mois, comme je devais également me concentrer sur les articles qui allaient paraître, j’ai relevé le défi de réfléchir au morceau de scénario de la bande dessinée au moment où la partie concernée allait être publiée.

Le scénario de ma bande dessinée se base sur l’ambiance de ma chaîne Youtube, où je présente en vidéo mes anecdotes d’urbex. L’idée était donc de mettre en scène mon propre personnage, dans un univers graphique déjà existant ! Dans chaque partie, je réfléchissais à 4 à 5 chaînes Youtube à intégrer subtilement dans l’histoire. Autour de cela, j’imaginais des actions qui peuvent les évoquer, tout en gardant un fil conducteur pour que l’histoire reste cohérente.
Après avoir noté quelques phrases résumant la direction de l’histoire, je griffonnais un storyboard précisant quelle illustration il y aura dans chaque case, leur dimension moyenne sur la page, ainsi que leurs bulles de texte.


Même si ce crabouillage est extrêmement moche, en réalité ce document m’était extrêmement utile ! Car il me permettait de déterminer la quantité précise de cases et donc le nombre de pages.

2. Le tracé

Sachant ainsi précisément quelle scène se passerait à quel moment, j’ai dessiné à la main les illustrations. La plupart du temps, je dissociais les décors des personnages, et parfois je dissociais quelques petits éléments aussi qui pourraient être recyclés dans d’autres cases. J’ai utilisé de simples feuilles A4, et les cases de BD étant bien plus petites, je dessinai sur une seule feuille plusieurs décors (environ 3 décors par A4) et plusieurs personnages, sans hiérarchie scénaristique. Je procédais ainsi page par page avant de passer à l’étape suivante. Je vous présente actuellement le travail sur la page 2.


Le dessin était fait au bleu, ce crayon particulier qui devient invisible au scanner…Puis le tracé final était réalisé avec un feutre noir extra-fin. Il m’est arrivé de rater certains traits, parfois certaines proportions étaient à revoir, mais ce n’est pas si grave ; je faisais du mieux que je pouvais au tracé, sachant que cela pouvait être corrigé par la suite numériquement.

Contrairement à l’univers graphique de ma chaîne qui est tout en vectoriel car numérique, je voulais apporter un contraste en proposant à cette version-papier, une version manuelle de mon univers.

C’est pourquoi il me semblait pertinent de réaliser ces dessins à la main !
Les illustrations sont dessinées plus grandes qu’au format dans lequel elles apparaîtront dans le magazine. Mais vous verrez que cette méthode de travail sera un avantage par la suite…

3. La numérisation

Une fois toute la page 2 dessinée, je scannais tout ceci. Comme évoqué précédemment, je « réparais » les erreurs de tracés sur Photoshop, je revoyais les proportions des éléments, et je vérifiais la colorimétrie du document : il faut que les tracés soient absolument noirs, et le fond absolument blanc.


Il faut ensuite créer un document très important, puisqu’il va s’agir d’un des documents de travail : un fichier photoshop nommé « page 2 ».

Chaque page aura son fichier photoshop attitré, et voici comment cela se présente : il se compose de dossiers, chacun d’entre eux étant une case. Je vais glisser dans le dossier « case 1 » les tracés corrigés qui formeront l’illustration de case 1, idem dans la case 2, etc. Je vais placer au mieux ces calques de tracés : disposer le personnage à l’endroit adéquat dans son décor, régler la perspective des éléments…

pour que l’illustration à venir soit cohérente.

Ce fichier de travail est encore et toujours en format plus grand que nécessaire, et je veille également à réaliser les illustrations en fond perdu (le fond perdu, c’est ce qui va au-delà de la marge, de la délimitation prévue).

4. La mise en couleur

Pour la colorisation, je reste toujours sur photoshop et sur mon fameux fichier : chaque dossier de chaque case possède un calque « couleur », où je colorise chaque illustration de case à la tablette graphique et dans un premier temps en aplats de couleur.
Je ne m’encombre pas : un unique calque de couleur pour un calque de tracé ! Si les aplats sont bien faits, je peux de toute manière aisément sélectionner les plages de couleurs indépendamment avec l’outil « baguette magique ».
Puis un autre calque par-dessus cet aplat est dédié aux ombrages. Puis un dernier est consacré aux dégradés, qui sont plus rares mais qui peuvent donner un peu de relief à quelques éléments.

5. La mise en page

Enfin, chaque illustration de case est générée en format .jpeg. Réservons tout ceci, et on bascule maintenant de logiciel :

passons sur Indesign !

C’est un logiciel de mise en page, sur lequel j’ai crée la maquette du zeib-magazine.


Reprenons notre storyboard gribouillé du début : en suivant bien ce plan, je réalise les rectangles qui correspondent aux cases de la page, et il s’agira du format définitif de ces cases. Il faut donc bien réfléchir à leur disposition les uns par rapport aux autres, savoir quelle illustration doit être mise en avant sur les autres, comment dynamiser la page, etc. C’est également l’étape où sont ajoutées les bulles.

Puis, dans chacun de ces rectangles, sont respectivement importées les illustrations en .jpeg. L’avantage d’Indesign, c’est que nous pouvons jouer sur les surfaces visibles, et les surfaces de fond perdu. Un rectangle délimite une case, mais en réalité l’illustration à l’intérieur est souvent bien plus grande et cela me permet de jouer sur leur dimension pour bien tomber avec les bulles.

Et voilà, nous arrivons à un ensemble plutôt pas mal !

Quelques petites corrections par-ci par-là une fois toutes les pages créées et toutes les illustrations effectuées, nous arrivons à la version finale de la maquette de la bande dessinée 🙂 .

Lorsque la bande dessinée a été extraite des magazines, j’ai dû tout rebasculer sur une maquette de plus grand format (A4). Le switch n’a pas été si compliqué : comme les illustrations ont toujours été travaillées plus grandes que prévu, cela n’a pas eu d’impact sur la qualité des images (d’où l’intérêt d’anticiper le travail grand format ! 😉 ). J’ai surtout dû réduire les dimensions de toutes les bulles et les redisposer élégamment sur les cases.

La même page issues du magazine (en A5), et du volume entier (en A4).

Et voilà, le travail est terminé !


La bande dessinée « Drôles de rencontres » est disponible à la vente ▶ à ce lien .

Actuellement, de nouveaux zeib-magazines sont en préparation. Peut-être qu’une nouvelle bande dessinée y sera intégrée ? Tout ce travail d’illustration et de mise en page étant conséquent,

l’idée est encore en cours de réflexion 🙂 !

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